Nos ancêtres du Néolithique avaient déjà une âme d’explorateur. C’est ce que démontre une étude se basant sur l’analyse de squelettes préhistoriques déterrés au nord de l’Afrique, dont une partie de l’ADN est affiliée aux chasseurs-cueilleurs européens qui auraient traversé la Méditerranée pour rejoindre les pays du Maghreb.
De nombreuses études archéologiques ont démontré que les flux migratoires provenant de l’Afrique durant la Préhistoire ont permis le peuplement de l’Europe. Mais le trajet se faisait aussi dans le sens inverse pour certains Européens. Dans l’est du Maghreb, à cheval entre la Tunisie et l’Algérie, la découverte de restes humains datant du Néolithique permet d’appuyer cette thèse.
Dans un article publié dans Nature le 12 mars, des scientifiques expliquent que des nomades ou semi-nomades de l’âge de pierre auraient traversé la Méditerranée en bateau pour rallier les côtes du nord de l’Afrique. Des analyses ADNADN ont ainsi permis de déterminer les origines européennes de neuf individus exhumés lors de fouilles archéologiques dans la région.
Quand les Européens s’implantaient en Afrique du Nord durant l’âge de pierre
Parmi les neuf corps étudiés par les universitaires, l’un est un homme, enterré sur le site de Djebba, en Tunisie. Il est alors estimé que 6 % de son ADN renvoient à des origines européennes. Une occurrence constatée chez les autres individus. Les chercheurs proposent une fourchette relativement large quant à leur arrivée en Afrique. Ils auraient vécu entre 4000 et 8000 avant J.-C.
Plus à l’ouest, au Maroc, des observations analogues ont été relevées. Les chasseurs-cueilleurs auraient probablement traversé le détroit de Gibraltar, séparant l’Espagne du Maroc de 58 kilomètres. Dans la partie occidentale de l’Afrique, les nouveaux arrivants importaient leur culture et leur savoir-faire, prenant progressivement le pas sur les autochtones.
En Algérie et en Tunisie, les explorateurs européens du Néolithique se sont mélangés aux sociétés locales, créant un tissu homogène. Ils seraient débarqués grâce à des embarcations rudimentaires, à une époque durant laquelle plusieurs peuplades commençaient à naviguer sur la Méditerranée. Ces nouvelles études se révèlent particulièrement bénéfiques pour les archéologues : elles ouvrent un pan relativement méconnu de l’histoire de l’Afrique.