Une étude britannique met en évidence une réduction significative de l’espérance de vie chez les personnes atteintes de TDAH, soulignant l’urgence d’un meilleur dépistage et d’un suivi médical adapté.
Environ 5 % de la population mondiale souffrirait du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité ou TDAH, un trouble neurodéveloppemental qui affecte la concentration, l’impulsivité et la gestion des émotions. Longtemps perçu comme un problème de l’enfance, il est désormais reconnu comme une condition pouvant impacter la vie entière. Une étude, publiée en janvier 2025 dans le British Journal of Psychiatry, s’est penchée sur l’influence du TDAH sur l’espérance de vie, mettant en lumièrelumière des risques sous-estimés. Que faut-il en retenir ?
Une étude d’envergure sur le lien entre TDAH et espérance de vie
Pour évaluer l’impact du TDAH sur la longévité, une équipe de chercheurs britanniques a analysé les dossiers médicaux de 9 561 450 patients issus des services de soins du National Health Service (NHS). Parmi eux, 30 039 personnes avaient été diagnostiquées avec un TDAH. Afin d’obtenir des résultats fiables, chaque patient atteint du trouble a été jumelé à dix personnes non atteintes, en tenant compte de critères comme l’âge, le sexe et l’état de santé.
L’étude a été menée sur une période de 19 ans, de 2000 à 2019, et a permis d’observer 193 décès parmi les hommes atteints de TDAH et 148 chez les femmes. Ces données ont ensuite été comparées à celles du groupe témoin afin d’évaluer l’impact du trouble sur l’espérance de vie.
TDAH et longévité : des chiffres inquiétants à nuancer
Les résultats de cette recherche sont préoccupants : les hommes atteints de TDAH vivraient en moyenne 6,78 ans de moins, tandis que les femmes perdraient jusqu’à 8,64 années d’espérance de vie par rapport à la population générale.
Selon le Dr Joshua Stott, professeur en psychologie clinique et auteur principal de l’étude, cette différence ne serait pas directement liée au TDAH, mais plutôt à des facteurs de risque associés. En effet, les personnes concernées sont plus susceptibles de connaître des difficultés au cours de leur vie (chômage, problèmes financiers ou encore discrimination) et présentent davantage de comportements à risque tels que la consommation d’alcoolalcool ou de tabac.
Bien que cette étude mette en évidence une réduction significative de l’espérance de vie chez les personnes atteintes de TDAH, il est important de noter qu’elle ne concerne que les individus ayant reçu un diagnostic formel. Or, une grande partie des adultes ne sont jamais diagnostiqués, ce qui peut fausser les estimations réelles de l’impact du TDAH sur la longévité.
Ces résultats soulignent néanmoins l’importance d’un meilleur dépistagedépistage du TDAH, afin de permettre un meilleur suivi médical. En identifiant plus tôt les personnes concernées et en leur proposant un accompagnement ciblé, il serait possible de réduire les comportements à risque et d’améliorer la qualité de vie sur le long terme.