75 % des terres sont dégradées et 1 million d’espèces menacées d’extinction !

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Le constat des experts est sans appel : les terres, les mers et les êtres vivants qu’elles abritent sont menacés par les destructions de l’humanité, qui doit faire la « paix avec la nature » pour éviter une facture désastreuse. Revue de quelques chiffres clés au cœur des négociations de la COP16 biodiversité qui reprend à Rome le 25 février après leur échec partiel en Colombie en novembre 2024.

Trois quarts des terres abimées

Environ 75 % de la surface terrestre a été dégradée de manière significative par l’humanité – chiffre qui inclut les forêts défrichées et écosystèmes convertis en terres cultivées ou en espaces urbains. Les zones humides, les plus touchées, ont disparu à 87 % depuis trois siècles. C’est le constat dressé par la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (Ipbes), l’équivalent des experts du climat mandatés par l’ONU (GiecGiec) – dont le rapport est indiqué ici.

Les conséquences sont multiples : perte d’habitat pour les animaux sauvages, infertilitéinfertilité de terres épuisées, réduction de l’absorptionabsorption de CO2, baisse de la qualité de l’airair, risque de zoonoseszoonoses, menaces sur l’eau potable… « La population des zones arides passera de 2,7 milliards d’habitants en 2010 à 4 milliards d’ici 2050 », estimait l’Ipbes en 2018. L’un des 23 objectifs de l’accord de Kunming-Montréal (2022) prévoit que les pays restaurent 30 % des terres dégradées d’ici 2030.

Un million d’espèces menacées

Sur les 8 millions d’espècesespèces animales et végétales estimées sur la Planète, un million est menacé d’extinction, selon l’Ipbes. Pour parvenir à ce chiffre, la plateforme a retenu une estimation « prudente » de 10 % des espèces d’insectes menacées, soit quelque 600 000.

Le total est 20 fois supérieur à celui de la liste rouge de l’UICN, référence mondiale qui recense 46 000 espèces menacées. Car l’inventaire de l’UICNUICN se limite aux 166 000 espèces pour lesquelles de solidessolides données scientifiques existent, la majeure partie restant méconnue.

Les pollinisateurs, indispensables à la reproduction des plantes et de trois quarts des cultures qui nourrissent l’humanité, sont en première ligne.

L’humanité dépend de 50 000 espèces sauvages

Les coraux sont un autre exemple : ces animaux, dont les récifs abritent une faunefaune immense et protègent les littoraux en servant de brise-lames, subissent des épisodes record de blanchissement à cause de l’acidification et du réchauffement des océans. Dans un climat stabilisé à 1,5 °C plus chaud qu’à l’ère préindustrielle, 70 à 90 % disparaîtraient (99 % à +2 °C).

Les cinq facteurs de la crise de la biodiversité

Pour l’ONU, la crise de la biodiversité a cinq facteurs, tous d’origine humaine, surnommés par l’institution les « cinq cavaliers de l’Apocalypse ». Par ordre décroissant :

À elle seule, la destruction des habitats a provoqué une perte du vivant de 2 à 11 % de la biodiversité mondiale au cours du XXe siècle, selon une vaste étude publiée dans Science en 2024. Mais le réchauffement pourrait devenir la première cause de destruction d’ici 2050, selon les auteurs.

Quelle économie mondiale sans l’aide de la nature ?

Plus de la moitié (55 %) du produit intérieur brutproduit intérieur brut mondial, soit 58 000 milliards de dollars, dépend « fortement ou modérément » de la nature et de ses services, a calculé le géant de l’audit PwC.

L’agricultureagriculture, la sylviculturesylviculture, la pêchepêche et l’aquacultureaquaculture, ainsi que l’industrie de l’agroalimentaire et des boissons ou encore le secteur de la constructionconstruction, sont les plus exposés. Que serait l’économie mondiale sans les céréalescéréales, le boisbois, les poissonspoissons, le café, le cuir ou le caoutchouccaoutchouc ?

La pollinisation, la qualité de l’eau et le contrôle des maladies sont aussi comptés dans la valeur de ces « services rendus par la nature », concept omniprésent dans les COP biodiversité, mais accusé par des écologistes de « financiariser » et « asservir » la nature.

25 000 milliards de dollars de perte par an : ce rapport révèle pourquoi nous faisons fausse route face aux crises environnementales

Le paradoxe des subventions et avantages fiscaux néfastes à la Planète

L’argentargent public encourage pourtant des activités qui abîment la nature : extraction d’énergies fossilesénergies fossiles, surpêche, agriculture intensive, etc. Pour quels montants ? C’est l’un des objectifs de l’accord de Kunming-Montréal que de chiffrer les subventions et avantages fiscaux « néfastes » d’ici 2025 et de les réduire « d’au moins 500 milliards de dollars par an » d’ici 2030. Très débattu, le montant des « subventions néfastes pour l’environnement » a été estimé jusqu’à 2 600 milliards de dollars par an, soit 2,5 % du PIB mondial, par l’organisation Earth Track.

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